Aujourd’hui j’ai envie de vous parler de mon histoire avec le maquillage, et la beauté en général. C’est parti !

Petite, je passais beaucoup de temps avec ma grand-mère. Elle était élégante lorsqu’elle venait déjeuner à la maison le dimanche. Chez elle, il y avait un vanity avec des blushs et des rouges à lèvres. J’aimais son odeur de poudre et son parfum « Fleur de rocaille » de Caron. C’est le parfum de mon enfance, des câlins, de ma mamie qui me faisait des gâteaux, de la sole meunière et du couscous. Je le porte d’ailleurs aujourd’hui, et son rouge à lèvres orange corail est sur ma coiffeuse, celui d’époque, du vanity aux trésors.

Chez mes parents il y avait une robe de ma grand mère, une robe cocktail des années 60. Un bustier mauve en dentelle, un jupon en tulle rigide sous la jupe en mousseline … j’étais rêveuse, et j’essayais de l’enfiler en cachette. Je mettais les souliers de ma maman, et son rouge à lèvres. Le même rouge à lèvres Dior qu’il y a sur ma coiffeuse, à l’odeur et à la couleur inimitable, dans son tube bleu. Je regardais les films de Shirley Temple et de Marilyn Monroe en VHS, je rêvais.

Je crois que depuis petite j’aime le glamour hollywoodien. Je me rappelle souvent d’une phrase de Dita Von Teese, qui disait que la beauté naturelle n’était pas donnée à tout le monde, mais que n’importe quelle femme pouvait être glamour. Cette image de femme glamour, à la beauté fabriquée, je l’ai rencontrée au Casino de Paris, et en même temps, je mettais les pieds dans la scène queer, j’allais à des représentations burlesque, je côtoyais des drag queens. J’aimais, et j’aime toujours cette idée qu’on peut se transformer, devenir quelqu’un d’autre (ou bien soi-même) grâce au maquillage. Transcender son genre, ses expressions, son visage, rien qu’avec des pinceaux et du fond de teint. Cet idéal de la beauté, je le porte toujours. J’aime aller au delà de la simple mise en beauté. J’aime voir une femme qui ne s’est jamais maquillée sourire devant le miroir, j’aime voir une cliente malade qui a les larmes aux yeux devant ses cernes camouflées et son visage illuminé, celles a qui je redonne confiance en elles, celles qui se retrouvent après 50 ans, celles qui revivent après un coup de pinceau et du rouge à lèvres …

Je suis la première pour qui le maquillage a fait des miracles. Je me trouve nulle et moche au réveil (on parie que vous aussi, parfois, ça vous arrive ?), en revanche je retrouve le sourire une fois mes sourcils redessinés, mes paupières irisées et mes lèvres parfaitement peintes. J’aime prendre soin de moi, laisser poser un masque avec un livre et un café, me colorer les cheveux en regardant un film … En revanche le monde du maquillage n’est pas tout rose. J’y ai vu beaucoup de racisme, de discriminations. A partir du moment où j’ai voulu travailler comme maquilleuse, j’ai voulu pouvoir offrir mes services à toutes les peaux, qu’elles soient foncées, matures, marquées par des cicatrices de brûlures ou du vitiligo. Alors, chiche ?